Historique

Au mois de novembre 1983, Robert Badinter, Garde des Sceaux, ainsi que ses conseillers techniques levaient le voile sur l’équipe d’architectes choisie, en vue de la construction de la future Maison d’Arrêt de Strasbourg.

Parmi la soixantaine de candidats en compétition, la chancellerie désigna le Cabinet Strasbourgeois : Dick, Hoernel, Fernser et Valente.


Vue aérienne de la construction de la Maison d’Arrêt de Strasbourg en 1988

Les premiers coups de pioches ont été portés en juillet 1985. Trente huit mois plus tard, en septembre 1988, la prison de  Strasbourg, située Rue Engelmann, ouvre ses portes.

Il s’agit de doter Strasbourg d’un établissement pénitentiaire décent, moderne, adapté aux conditions de détention actuelles et répondant aux normes de sécurité.

La Maison d’Arrêt de la Rue du Fil

En 1988, la Maison d’Arrêt de la Rue du Fil  présentait un ensemble vétuste. Le carrelage sale, terni par le temps était cassé par endroits.

Les peintures étaient écaillées par l’humidité, les planchers suintaient par l’usure.

Les fenêtres étaient munies de barreaux et grillagées de 1 mètre de haut sur 1 mètre de large ce qui empêchait la clarté de passer.

En pleine journée, les néons restaient allumés en permanence.

La promiscuité était permanente : la surface totale au sol pour l’ensemble des cellules était de 800 m2 pour un peu plus de 200 détenus soit environ 4 m2 par détenu.

Il faut déduire la place qu’occupent les lits, la table et le wc. Entassés, les détenus restaient allongés sur leur lit lorsqu’ils se trouvaient en cellule (…)

Il était impossible de s’isoler, d’exercer une activité intellectuelle ou manuelle autrement qu’en travaillant sur ses genoux, assis au bord du lit.

Les cellules n’étaient pas alimentées par l’eau chaude.

C’était une vieille bâtisse construite en 1823 sur les arrières du Palais de Justice alors situé rue de la Nuée Bleue. C’était la première Maison d’Arrêt de Strasbourg. Cette maison d’arrêt était principalement destinée à recevoir les détenus condamnés à moins de 3 ans d’emprisonnement ainsi que les personnes placées en détention provisoire en attente de leur jugement.

 

La Prison Sainte Marguerite


(Vue de l’entrée de la prison Sainte Marguerite. L’ENA occupe maintenant les locaux rénovés)

La prison Sainte Marguerite dénommée également Maison de Correction ou Commanderie a été bâtie entre 1740 et 1747 sur l’emplacement de l’ancienne Commanderie St Jean.

Composée de trois bâtiments principaux séparés les uns des autres et délimités par une cour, un préau et un jardin.

Dans un des bâtiments se trouvaient le dortoir pour les femmes, des dortoirs pour les jeunes détenus et l’infirmerie.

Dans un autre bâtiment se trouvaient le réfectoire, les ateliers et les grands dortoirs qui pouvaient accueillir jusqu’à 45 détenus.

Cette maison correction renfermait principalement les condamnés des deux sexes dont la peine n’était pas supérieure à un an de détention, ainsi que d’autres, condamnés à de lourdes peines en attente de leur transfert.

Ces deux établissement n’étaient plus adaptés aux conditions de détention des temps modernes et ont fermé leurs portes en 1988.

 

La nouvelle Maison d’Arrêt de Strasbourg

Cette nouvelle Maison d’Arrêt doit résorber « l’inflation carcérale ».

Au 1° décembre 1989, 51041 détenus peuplaient les prisons françaises, soit une augmentation de 1,37% par rapport au mois précédent.

La Maison d’Arrêt de la rue du Fil, qui était normalement prévue pour 113 hommes, en hébergeait en moyenne 200 à 210 depuis plusieurs années.

Dès son ouverture en septembre 1988, la Maison d’Arrêt de Strasbourg remplace les deux anciennes prisons strasbourgeoises, la prison Sainte Margueritte et celle de la Rue du Fil.

En février et mars 1990, suite à la fermeture de la prison de Saverne, les détenus ont été transférés a la Maison d’Arrêt de Strasbourg.

D’un coût de 225 millions de francs, la nouvelle prison de Strasbourg a été financée à 100% par l’État.

La Maison d’Arrêt de Strasbourg est le plus gros établissement pénitentiaire, après le Centre Pénitentiaire de Nancy-Maxéville, de la direction interrégionalle Strasbourg-Est.

Fiche publiée le : 29 septembre 2014
Fiche modifiée : 3 octobre 2014
Catégorie : Présentation
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